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© 2019 Marins d'audace 
© Photos de Christophe Breschi 

  • marie-amelie

Qui trop écoute la météo reste au bistro




La Mini en Mai, c'était ma première course en solitaire il y a tout juste un an. Plus longue que les autres courses en solitaire sur le circuit Mini (500 milles nautiques, soit 4 jours de mer), elle permet de goûter au large et de découvrir la mer qui se révèle, intense.

Cette fois-ci, je m'étais promis de ne plus me brosser les dents (cfr. mes mésaventures sur la Mini en Mai 2018).

Mais voilà, cette année, la petite tempête Yukon a décidé d'y ajouter son grain de sel. 40 à 50 nœuds (environ 100 km/h) de vent pour nos petits bateaux de 6.50 m ce n'est pas très recommandé. Notre directeur de course Yves Le Blevec a donc décidé de "couper" la course en deux : un départ anticipé lundi dernier pour 150 milles, 1 journée de pause au port à manger des crèmes glacées et faire le dos rond, et un deuxième départ jeudi pour un parcours de 250 milles.

Mauvais départ et premier abandon

Cette deuxième étape a malheureusement mal commencé pour Lomig et moi. Nous partions en fonction du timing de notre arrivée sur la première étape (je partais 10 minutes après mes concurrents directs). Mais voilà, le zodiac qui devait m'amener sur la ligne de départ (nous n'avons pas de moteur) m'a oubliée au fond du port... Sortir 80 bateaux en 5 heures de temps est une prouesse qui mérite d'être soulignée. Il devait bien y avoir un couac quelque part et c'est tombé sur moi. Je ne leur en veux pas car ils se sont aussi occupés de porter assistance à deux Minis en galère dans le chenal. Je me suis donc finalement résignée à sortir du port à la voile mais je suis partie avec 25 minutes de retard (ce qui est énorme en course) et donc pas du tout sereine. Sur cette belle photo au départ, je râle beaucoup. J'ai perdu beaucoup d'énergie mentale sur ce départ. 😠 Or, ce mental, c'est bien la chose la plus importante pour réussir une course.



En mer, l'adage bien connu de Céline (Dion) "les derniers seront les premiers" n'est pas souvent d'application. Dans le jargon on dit que "ça revient par derrière" ou que "ça part par devant". Ce qui veut dire que les conditions météo font que les derniers rattrapent facilement les premiers ou que, à l'inverse, les premiers touchent des conditions plus favorables que la queue de flotte et que l'écart se creuse au fur et à mesure de la course... Nous étions clairement dans le deuxième cas de figure. Et cela n'a fait qu'empirer mon moral. Ça devient de plus en plus compliqué de rattraper mon retard et les copains.

Arrivée à mi-parcours, l'annonce à la VHF (radio de bord) d'un BMS (un "bulletin météo spécial" est un message utilisé par les services météorologiques pour indiquer que les conditions actuelles ou prévues présentent un danger pour la navigation) a été accueilli à bord comme le prétexte parfait pour rentrer à la maison. Je n'avais clairement pas l'énergie pour affronter 7 Beaufort avec des claques à 8 Beaufort. Surtout que le vent allait aussi tourner dans une direction pas du tout favorable pour moi et que j'allais devoir tirer des bords dans 35-40 nœuds de vent, tout en ayant des difficultés pour réduire la voilure car la bosse du 3ème ris de ma grand-voile était bloquée.

Je n'ai pas du tout mal vécu cet abandon car je sais que c'était la bonne chose à faire pour le bateau et pour moi. Et surtout, j'ai beaucoup appris sur le retour au port. En course, on a tendance à suivre les autres. Ici, j'étais seule et j'ai décidé de la meilleure trajectoire pour être au mieux dans le gros temps et prévoir une fuite éventuelle dans un port de repli. Pour l'anecdote, j'ai quand même pris 33-34 nœuds de vent avec des claques à 38-40 au près sur la fin du parcours mais je n'ai rien cassé et ça n'a duré que 3 heures. Je me suis juste pincée plusieurs fois pour me rappeler que c'est moi qui avais choisi de me retrouver là au milieu de la nuit dans une mer démontée et que le comble est que je paye pour ça! Et cher en plus! 😉 Au final, c'était une belle expérience et une bonne préparation pour la Mini-Transat. 💪




Un podium pour la Team BFR Marée Haute


Félicitations à François Jambou et Fabio Muzzolini qui terminent sur la première et troisième marche du podium en bateaux prototypes ("les protos")!!


Merci à tous pour vos messages de soutien et d'encouragement au départ et à l'arrivée!! Et félicitations à tous les copains qui ont bouclé le parcours! 👏