• marie-amelie

Mini-Transat étape 1 : le bilan

Voilà, il m’aura bien fallu quelques jours pour reprendre un rythme de vie à peu près normal. Et également prendre un peu de hauteur sur ce que je viens de vivre. QUELLE EXPERIENCE INCROYABLE LES AMIS !! 11 jours 5h et 44 minutes. Voilà le temps que j’aurai mis pour cette première étape de la Mini-Transat. 11 jours hors du temps. 11 jours qui paraissent ne faire qu’une seule grosse journée. 11 jours de montagne russe des émotions. Si ça vous intéresse de savoir comment le corps et le cerveau réagissent après tout ce temps en mer sans trop dormir, lisez la suite!

LE DÉPART

Samedi 5 octobre, 6h. C’est encore la nuit mais beaucoup de petites loupiotes s’agitent sur les pontons du Bassin des Chalutiers. J’aime le calme de l’aube et celui-ci est encore plus calme que d’habitude, je dirais même qu’une légère tension plane sur le village. Je vais émarger (petite signature avant le départ) et rendre mon GSM à Annabelle (pour ceux qui l’auraient oublié, toute communication et assistance avec la terre est interdite en Mini). Je fais le tour des pontons pour embrasser les copains. On ne parle pas beaucoup, on se sert dans les bras. J’ai un peu l’impression de partir au front. Je retourne à mon bateau pour y accrocher les jolies fleurs achetées la veille. C’est bientôt le départ. Émue, j'embrasse Fabio du 716 qui est à couple de Lomig et qui fait partie de l'aventure depuis le début vu que c'est lui qui m'a proposé de rejoindre la Team BFR. Ça y est Fabio, on l'a fait! On y est!



Comme Isabelle Autissier, j'ai accroché de jolies fleurs à l'arrière de mon bateau, témoins de mon lien avec la terre et des jours qui passent en mer... 💐

Voici une petite vidéo de l'ancien ministe Stan Thuret qui résume bien l'ambiance du départ :



Dehors, le jour s’est levé, il n’y a presque pas de vent et il fait déjà chaud. Je retire ma salopette et me retrouve en crocs. Décidément, ça ne ressemble pas du tout au départ de transat que j’imaginais. Le départ est donné. Je suis plutôt bien mise, en milieu de ligne, là où il n’y a personne et surtout du vent frais.

LES FRONTS

- Tu navigues à combien de degrés du vent apparent ? - 35°-36° - Oui moi aussi, aux alentours de 35°, un peu plus bas que d’habitude.

Nous faisons route vers l’Ouest, au fameux près « océanique » comme on dit (c’est-à-dire une allure près du vent où on favorise la vitesse plutôt que le cap, car sur une transat, il faut toujours privilégier la vitesse et avaler les milles) pour aller à la rencontre du premier front à passer. J’ai la nausée. Je n’ai presque jamais eu le mal de mer en mini. Je me dis que c’est con. Je barre en espérant ne pas vomir. 🤢

Le front arrive. Les derniers fichiers reçus avant le départ annonçaient des rafales à 40 nœuds au passage du front. Et dès que les premières gouttes commencent à tomber, je suis parée avec ma salopette, ma grosse veste, mon chapeau de tempête, mes bottes, 2 ris dans la GV et 1 ris dans le solent. Au final, on aura 20-25 nœuds de vent, avec quelques rafales à 27-28. Mais c’est surtout la mer qui est assez formée. Le cyclone Lorenzo et les nombreuses dépressions qui ont retardé notre départ n’y sont sûrement pas pour rien dans cette affaire. Dans une grosse rafale, le bateau se couche et je viens m’écraser sur ma barre et le rail de GV. Gros crac dans mon dos mais pas dans la barre. Plutôt tonique comme première nuit !

Le passage d’un front froid dans le Golfe de Gascogne, c’est un cas d’école. Je l’ai tellement « étudié » en classe que ça me fait plaisir de le vivre et d’observer les changements de température et de direction du vent. Avant le front, le vent est au Sud-Ouest et juste après, le vent bascule au Nord-Ouest, ce qui nous permet d’aller en route directe vers le Cap Finisterre à une allure débridée (pas trop près du vent). Sur l'image ci-dessous, on voit bien la bascule de vent (les petites flèches blanches) et les différents placements des concurrents. Comme le front (en orange) est orienté Sud-Ouest - Nord-Est, on voit bien que les concurrents le plus au Nord-Ouest ont un certain avantage vu qu'ils touchent la bascule en premier.




Il parait qu’il ne faut pas virer trop vite après un front par crainte de retourner sous le front. Certains envoient rapidement, d’autres attendent un peu (ou peut-être qu'ils font la sieste? 😴). J'envoie assez vite, avec Mathieu du 455 et Jean du 428. Comme prévu, la mer est très croisée après le front (mélange de deux mers du vent différentes) et on passe en mode saute-moutons. Pas question de lâcher la barre. Ma nausée empire, surtout après la petite séance de matossage gratuite (après un virement de bord, je dois déplacer tout mon matériel d’un côté à l’autre du bateau pour faire contre-poids, bref environ 150 kg à déplacer après chaque manœuvre, oh joie!). J’ai froid aussi car je suis trempée. La pluie sous un front est plutôt offensive et s'est invitée dans tous les recoins de ma salopette.

Certains envoient une voile d’avant. Moi, je reste accrochée à ma barre et décide de me concentrer uniquement sur le fait de ne pas vomir. Thomas du 819 a également le mal de mer et nous rappelle à la VHF que le comble est que nous payons pour être là, et très cher même ! Je ris jaune.

Au bout d’1 ou 2 heures, la mer commence à se calmer, le vent retombe, ma nausée aussi.

48h plus tard, on aura un nouveau front à négocier. Même cas d’école, même bascule, même partie de saute-moutons. Je prends beaucoup de plaisir à comprendre où se trouve ces « portes » et élaborer la stratégie pour les prochaines heures. Je m'étonne aussi de la connaissance exacte que nous avons de ces phénomènes et de la richesse du marin qui sait les utiliser en sa faveur pour optimiser sa route.


LE RAYON DES MAUVAISES NOUVELLES


Les fameuses vis qui se dévissent : elles servent à fixer ma barre branche à l'axe de barre. On voit bien qu'après quelques jours de course, le tef gel (graisse qui empêche la corrosion entre l'inox et l'alu) sort de partout et favorise le jeu dans le système.

Ça se bouscule un peu au rayon des mauvaises nouvelles durant ces trois premiers jours de navigation. Mon aérien (ma girouette électronique qui me fournit des données sur la force et la direction du vent) s’est décroché juste avant le deuxième front. Au près, dans 20 nœuds et une grosse mer, ça tape à chaque vague et en haut du mât, ça bouge beaucoup. De travers, en tête de mât, il n’a pas l’air en grande forme. Hors de question de monter en tête de mât pour aller le rebrancher, je trouve cela beaucoup trop dangereux. Surtout que je ne suis pas certaine que cela cela suffira pour résoudre le problème.

Je décide d'utiliser mon aérien de spare mais je n’y arriverai jamais : messages d’erreur et bugs dans le système. Je perdrai beaucoup d’énergie à essayer d’installer ce capteur supplémentaire. Car à la suite de cela, le pilote va enchaîner les ennuis : alarme homme à la mer qui se déclenche et angle de barre qui se décroche. Bref, le mardi 8 au matin, juste après le passage du 2ème front, je suis exténuée car je n’ai pas dormi de la nuit.

En outre, ma radio BLU a lâché le 2ème jour donc je ne reçois plus le bulletin météo quotidien (je dépends donc des copains qui sont à portée de radio VHF pour me retransmettre le bulletin) et mon jetboil (réchaud) ne veut plus démarrer car il a pris l’eau durant le premier front (au premier rayon de soleil, il redémarrera, quand même). Enfin, les vis qui fixent ma barre franche à l’axe de barre (et donc au vérin de pilote) se dévissent. Je les change et remets du loctite (colle).



Et le pire dans tout ça, c'est que mes 3 nougattis quotidiens partent beaucoup trop vite. Sur cette photo (extraite d'une vidéo), je suis en train d'expliquer qu'il est à peine 9h du matin et que j'ai déjà mangé les meilleurs chocolats du jour... Heureusement, certains de mes sachets préparés avec amour par ma petite soeur contiennent une double ration! Faut juste tirer le bon sachet chaque matin! 😋

LE PASSAGE DU CAP FINISTERRE ET LES ALYZÉS PORTUGAIS

Le passage du Cap Finisterre est un des passages les plus redoutés d’une première étape de la Mini-Transat car les vents y sont généralement plus forts, la mer plus formée et les pêcheurs et cargos nombreux. Le coach nous l’a bien dit : ayez votre stratégie claire dans la tête au moins 24h avant le passage.

Sauf que le matin du mardi 8 octobre, juste après le 2ème front, à 70 milles du Cap Finisterre, nous bénéficions de notre première journée clémente. 15 nœuds de vent, soleil et gennaker (voile d’avant que j’aime beaucoup car très stable). C’est les vacances, on sort les crocs et le short ! Lomig est enfin stable (sans aérien mon bateau n'est pas très stable au près et sous spi donc ça me fait du bien de respirer un peu au reaching), il avance vite. J’enchaîne les siestes (de 20 minutes), j'ose même m'octroyer une grasse mat' avec une sieste de 30 minutes et je ratrappe les copains devant. On passe le Cap Finisterre en début de nuit, le vent commence à monter petit à petit. C’est le début d’une grande partie de glisse qui durera environ 48h. Les vagues, les Alyzés, fini le près (allure près du vent plutôt inconfortable (cfr. mon mal de mer ci-dessus))... Ca y est, on se sent enfin en transat ! 🌊



UNE RÉPARATION DE FORTUNE

Au bout d’une trentaine d’heures sous spi à un rythme assez soutenu, les vis qui tiennent ma barre se dévissent de plus en plus souvent . Je les resserre presque toutes les 2 heures. Je commence à me dire que ce n’est pas tenable. Il me reste 600 milles nautiques jusqu’aux Canaries, un 3ème front va nous tomber dessus, ma barre ne tiendra pas. Nous sommes le jeudi 10 octobre, 5ème jour de mer. Je fais l'autruche et tente une ultime réparation en collant les vis avec une colle plus forte que le loctite, tout en sachant très bien au fond de moi que ça ne va pas tenir vu que j'ai une vitesse de 9 nœuds et qu'il y a donc beaucoup de pression sur ces vis, impossible que la colle prenne sur des vis qui bougent. Au bout d’une heure, les vis se desserrent à nouveau.

Je suis bord à bord avec un autre Nacira (même type de bateau que Lomig), Nico du 824. Il fait nuit, je lui dis que je vais m’arrêter au lever du jour car je sais que ce sera une journée sans vent et que si je mets mon bateau à la cape (immobiliser le bateau et le laisser dériver), ça ne devrait pas trop bouger et pourrai démonter ma barre et réparer. Je continue à avancer sous spi durant la nuit tant que le vent souffle afin de ne pas perdre trop de terrain sur les autres. Mais le moral n'est pas bon, je suis dépitée car je me dis que j’ai mis tellement d’énergie dans la préparation de Lomig pour qu’il soit prêt et que j’ai beaucoup d’ennuis depuis le début de la course... C’est très difficile d’arrêter et de lâcher les copains. J’étais dans le match et je me rends compte que je ne le serai plus… Je broie du noir, ce qui n’est pas tellement dans ma nature.

Au petit matin, je me mets à la cape. Je décide de commencer par une sieste de 40 minutes histoire d'avoir l'esprit clair pour entamer ma réparation. Au réveil, je démonte ma barre et me rends compte que les trous sont ovalisés. Il n’y a pas que les pas de vis. Je décide de reboucher les trous à la résine (colle très forte que je fabrique à bord) et de les repercer. Pour les pas de vis, je réalise que j’ai mis beaucoup trop de tef gel (une graisse qui empêche la corrosion entre les vis en inox et l’axe de barre en alu). C’est une sorte de graisse et cela a certainement favorisé le fait que les vis se desserrent à la suite du choc sur ma barre quand je suis tombée dessus durant le premier front. Quand j'ai démonté mon système en août, la barre s'était corrodée sur la pièce en alu. Il nous avait fallu au moins 2 heures et les muscles des copains pour la décoincer. Afin d'éviter cela sur la transat, j'ai mis beaucoup (trop) de tef gel. Je m'en veux. Je décide de tout bien nettoyer à l'acétone et de coller les vis par la suite. Mais les coller avec une colle trop forte pourrait rendre le système indémontable une fois arrivée à las Palmas? Du coup, je me dis que cela peut valoir la peine de retarauder les pas de vis un millimètre plus large? Je fais le test sur un trou mais je n'arrive pas à tarauder droit... je décide de finalement tout coller.


A la cape, photo prise par le bateau accompagnateur Yemanja. Merci à tout l'équipage pour la présence et le soutien!

Ayant prévenu la direction de course de mon problème technique, un bateau accompagnateur s’est dérouté et reste à côté de moi jusqu’à ce que je sois certaine que la réparation tienne. Je ne peux néanmoins pas discuter avec eux de mes différentes idées pour réparer au risque d'être disqualifiée. Heureusement, Jean de Rasta Rocket (570) passe à 1 mille de Lomig et je lui fais part de mes idées pour réparer. Il ne sait pas trop non plus que faire mais me conseille de d'abord essayer les solutions les plus mécaniques et les moins définitives possibles afin de pouvoir réaliser une bonne réparation à Las Palmas.

- Je sais pas trop ce qu’il faudrait faire. Pas facile d'imaginer ta pièce. Tu prendrais pas une photo que tu m'envoies par WhatsApp ?

- Oui bien sûr et comme ça tu pourras regarder sur Google comment je dois faire ?

On rigole. Ça fait du bien. Ça va déjà mieux car je sens que je suis proche de la solution et que je ne devrai pas m'arrêter au Portugal. Finalement, je repars après 12h d'arrêt, très heureuse d'avoir réussi à réparer!



Contrairement aux apparences, je ne suis pas en train de dire à Yemanja que je me détends et que tout va bien... je pense que ce signe veut dire "Je ne comprends pas ce que vous dites, passons par la VHF!" 🤙

SEULE...

Quand je refais route vers Les Canaries, le bateau accompagnateur et Jean sont déjà bien loin. Je les entends à la VHF mais eux ne m’entendent plus. Je pense que je dois avoir un autre cap qu’eux car bientôt je ne les entends plus non plus. Sans bulletin météo ni girouette, je navigue un peu à l’aveugle durant les 48h suivantes. Je me retrouve au près, dans environ 20-25 nœuds de vent, je suis certaine qu’il y a des claques à 30. Je n’arrive pas à faire de l’Ouest car la mer est trop forte. Je subis donc les éléments. Au final, c’est toujours la mer qui décide. J’ai beau me le répéter, j’ai un peu du mal à l’accepter. J'ai le moral dans les chaussettes (mouillées). J’ai à nouveau le mal de mer. Je n’ai pas faim. Toutes les 2-3 heures, j’appelle à la VHF sur le canal 72 pour voir s’il n’y a pas un mini dans le coin… jamais de réponse. La nuit, je rentre en contact avec deux cargos et un voilier qui passent non loin de moi pour avoir la météo du lendemain. Même si je ne comprends pas grand chose à ce que me dit ce cargo venu de Hong Kong (c'est ce qui est indiqué dur l'AIS), je suis bien contente d'avoir un échange avec quelqu'un.

Dès que la mer me permet de virer, je vais dans l’Ouest, même si le bord n’est pas rapprochant (cela veut dire que ce bord est moins favorable que l'autre pour aller à Gran Canaria mais il me permet d'aller chercher du vent favorable pour plus tard). Je tiens le coup durant 2 heures sur ce bord mais dès que je mets le pilote, le bateau tape et s'arrête (au près, dans la mer sans aérien, c'est compliqué). Je revire pour dormir un peu. Enfin, j’aperçois le front. J’explose de joie !! Je vire et repars dans l’Ouest. Derrière le front, ce sera du portant et route directe vers les Canaries! Youpie !!! Je passe le front, je vire, j’envoie le gennak, saute-moutons et lors d’un ulttime appel à la VHF, une petite voix me répond au loin. C’est Albert du 882 ! La Belgique n’est pas loin ! D’un coup, je retrouve la pêche et l’envie d’avancer ! Je mets le spi medium et ça dépote ! On se prend quelques grains mais je suis tellement contente de savoir qu’il n’est pas loin !

... ENFIN PAS SI SEULE QUE CA!

Après quelques jours en mer sans trop dormir, on rentre dans un état de conscience modifié. Surtout la nuit. A partir de la 3ème ou 4ème nuit, j'ai commencé à ressentir une présence à bord. Chaque nuit, j'accueillais un Ministe différent. Il y a eu Albert, bien sûr, mais aussi Nico, Jean ou encore Thibaut. J'avais déjà eu ce sentiment durant mon parcours de qualification. C'est assez agréable de penser qu'une autre personne se trouve sur le pont et assure la veille alors que je n'ai qu'une envie : plonger dans un sommeil profond et réparateur... A plusieurs reprises, je me suis donné des claques pour me réveiller et me dire que j'étais bien seule et que je devais assurer la veille du bateau, sortir le bout de mon nez pour regarder si tout allait bien et dormir tout en restant sur le qui-vive.🙄

L’ARRIVÉE EN COMPAGNIE DES DOUANES ESPAGNOLES

Pour la suite, ce sera 2.5 jours sous spi pour rejoindre Las Palmas. Toute la journée du mardi 15 octobre, je vais néanmoins serrer les fesses et ne pas lâcher la barre dans du vent très léger car une dorsale (zone sans vent) est à mes trousses et se déplace lentement vers le Sud. Si je ralentis, elle va me rattraper et cela retardera mon arrivée de 24h (car pas de vent)! J'ai les yeux rivés sur le baromètre. Dans une dorsale, la pression est plus haute. Le baro descend à 1021.7 hPa (ouf), ça remonte à 1022 (m****), ça descend à nouveau et le vent monte un peu (yeppa), 1022.2 et le vent baisse (aë aïe aïe)... Après une bagarre de quelques heures, le baro continue de descendre et le vent se lève enfin! Ça y est, je suis passée! Une dernière nuit dans 20 nœuds de vent et j'arriverai à Las Palmas en fin de matinée! Pas facile de trouver la bouée Telefonica entre les cargos, je la vois, j'affale et je remonte vers la ligne d'arrivée! Tellement heureuse d'avoir réussi cette première étape!


Terre en vue! Je peux vous dire que quand on aperçoit  la terre (au fond sur la photo) après 11 jours de mer, la petite larme n'est pas loin! Durant les derniers 20 milles nautiques, la douane espagnole m'a suivie en m'encourageant à coups de klaxon et d'applaudissements. C'était super sympa!  En voyant qu'ils m'attendaient sur la ligne d'arrivée, je me suis quand même demandé s'ils n'étaient pas là pour me contrôler... 🙄

Photo : Christophe Breschi

Pour voir l'interview à chaud à l'arrivée et ma tête après 11 jours en mer, c'est par ici 👉 https://bit.ly/2og1fRZ


MI FIGUE - MI RAISIN

Voilà une bonne expression pour résumer ma première étape! La Mini-Transat, c'est le plaisir total d'être en mer. C'est aussi la détestation totale d'être en mer. En prenant un peu de recul, je me rends compte que les deux journées passées complètement seule ont été très difficiles. Je n'avais pas le moral, je me disais que j'étais trop nulle et me suis un peu laissée aller. Je pense avoir été trop dépendante des autres durant cette première étape. On observe les copains sur l'AIS (instrument qui indique la position, la vitesse et le cap des bateaux aux alentours), on se compare à eux, on est influencé par leurs choix stratégiques, on discute beaucoup (trop) à la VHF de la météo et de ce qu'on mange à bord (à part une tartiflette à signaler, rien de très original pourtant)... Et donc, une fois qu'on ne les voit plus, on se sent un peu perdu.

Mon souhait pour la deuxième étape, il est d'être 100% focus sur mon bateau, ma trajectoire et ce que j'ai envie de faire. J'appréhende cette solitude qui nous attend tous mais j'espère trouver cette harmonie entre mon bateau, la mer et moi, qui me permettra de prendre du plaisir et d'arriver vite en Martinique.

Au fond, la Mini-Transat, c'est s'étonner de grandir encore et se promettre de remettre ça! 😉



Passage de la ligne d'arrivée à Las Palmas. Photo : Christophe Breschi

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© 2019 Marins d'audace 
© Photos de Christophe Breschi